lundi 7 décembre 2009
Exposition: Carte blanche à la galerie Carla Milivinti
Frank CharletCorps tatoué , corps percé
De notre corps seul se voit la peau, on peut juger à l’apparence. La peau est une enveloppe narcissique, c’est l’organe le plus étendu du corps humain, qui dégage une odeur, elle laisse transparaitre nos émotions comme les rougissements.
David Lebreton, explique qu’il y a tout d’abord, l’aspect positif du marquage de soi, avec la visée d’un embellissement, ou la volonté de changé le regard que l’on porte sur notre corps. Puis, l’aspect négatif, avec la scarification et les attaques au corps
Chez les adolescents, on veut changer son corps pour changer sa vie, par exemple quand on est « mal dans sa peau ». Changement de peau, pour changer d’existence, ce qui explique la volonté de moduler son corps chez les jeunes (les régimes, le culturisme, le sport, la chirurgie esthétique…).
Au début, les jeunes essaient plusieurs personnalités, ils se cherchent et veulent trouver qui ils sont vraiment. Aujourd’hui avec la crise du lien social, les personnes se sentent seules et ont des difficultés à trouver leur chemin.
Cependant, le marquage du corps peut être très dangereux. Certains jeunes ont recours à la scarification, suite à des abus sexuel, inceste, drames familiaux, absence d’un parent… Il y a un dégout de soi, perte d’estime de valeur, du corps et de l’esprit.
Ainsi, David Lebreton, montre que pour les jeunes les marques corporelles telles que les piercings ou les tatouages sont une forme de signature du corps et un moyen de couper les liens avec les parents tout en marquant l’appartenance à un groupe.
jeudi 3 décembre 2009
Le corps humain, image de Dieu ?
J’ai choisi d’axer principalement mes RDV de l’Histoire autour de la religion et pour cela je commence avec une conférence le jeudi au Château de Blois avec pour thème « le corps, image de Dieu ? ». Celle-ci est menée par François Boesflug qui est à la fois professeur d’histoire des religions et dominicain. Le problème est de savoir en quoi l’homme est à l’image de Dieu et quoi de l’homme est à cette image ? Il a choisi de répondre à cette question par un plan dialectique.
Pour commencer, pour réfuter l’idée d’un corps de l’homme à l’image de Dieu, il oppose le corps humain à Dieu, le premier étant naturel, visible et mortel, le second de l’ordre du spirituel, invisible et immortel. Son argument philosophique est que le corps est une prison pour l’âme donc il n’y a pas d’épousailles heureux entre l’âme et le corps. Puisque le corps est d’une autre matière que l’âme, comment pourrait-il être proche de Dieu ? Ensuite selon l’expérience empirique, la vue du corps humain n’est pas agréable, sauf s’il s’agit d’une personne aimée alors comment peut-on dire qu’elle est à l’image de Dieu ? Et pour finir, le corps de l’homme reste proche du corps de l’animal, notamment de celui du singe, il ne peut donc pas être à l’image de Dieu.
Ensuite, pour appuyer l’idée d’un corps humain à l’image de Dieu, François Boesflug propose des arguments de tradition. Dans la Genèse, Dieu crée l’homme à son image et la ressemblance n’est pas spécifiée seulement pour son âme. L’homme est la seule créature que Dieu a crée sans paroles mais avec un tour de main donc l’empreinte de Dieu est dans sa création. Ensuite, l’homme a été crée en dernier et est appelé à soumettre la terre. Cette vocation à commander est un aspect de l’homme comme celui de Dieu. Cela implique-t-il le corps ? Une autre idée est que Dieu a voulu s’incarner en un homme : le Christ. Il y a une parenté d’image selon une parole de Jean (14.9) « Qui m’a vu a vu le père ».
Et enfin pour synthétiser, la tradition théologique, notamment alexandrine, tient que l’image de Dieu est seulement le fils. L’homme est l’image du Christ donc est une image d’une image. C’est donc l’esprit de l’homme qui est à l’image du Verbe. Par contre, le corps humain peut devenir le foyer où Dieu brûle, un temple qui accueille Dieu. François Boesflug a terminé son exposé par une ouverture : qu’en est-il du corps et de sa dignité en 2009 ? Pourquoi retoucher un corps qui a été fait à l’image de Dieu ? Par honte ? Par goût de dépasser une limite ?
Parmi les critiques que je pourrais faire, tout d’abord une heure est bien trop courte pour un sujet si vaste. Ensuite, étant donné que François Boesflug est spécialiste de l’iconographie chrétienne il aurait été intéressant de pouvoir visualiser des diaporamas vu que Dieu et ses images sont aussi une histoire de l’éternel dans l’art, ce qui n’a pas été proposé.
Tatiana D.
mardi 1 décembre 2009
Rendez-vous de l’histoire: La vision d’une étudiante Erasmus
Le premier jour j’ai assisté au débat « Du boulet au bracelet électronique, des corps sous main de justice ». Je pensais que ce débat serait historique et qu’il s’agirait de l’évolution du droit pénal. Mais apparemment seulement la dernière partie du thème était abordée. On recevait des papiers et le sujet devenait claire maintenant : « Enfermements, Justice et Libertés dans les sociétés contemporaines ». Le débat concernait donc surtout l’emprisonnement d’aujourd’hui. Ce ne serait alors pas de l’histoire ancienne mais ce thème pourrait aussi être intéressant. Le premier intervenant expliquait les concepts de base comme le corps sous écrou, le corps sous surveillance électronique etc. Puis le deuxième conférencier s’arrêtait sur des questions intéressantes : « sur quoi est fondé le droit d’emprisonner ? », « qu’est-ce que nous permet à enfermer quelqu’un ? ». Selon ce spécialiste, le droit d’enfermer quelqu’un peut se fonder sur la dangerosité des gens. Il accentuait qu’il est très important de mémoriser ce droit pour que ça ne devient pas évident. Selon moi, il a réussi avec son exposé.
Le vendredi il y avait deux choses que je voulais vraiment voir : « La rencontre avec un grand témoin, survivant d’Auschwitz Eva Schloss » et après « Vénération et destruction du corps sous l’Allemagne nazi ». Malheureusement je n’avais pas encore la fiche pour l’accès prioritaire donc j’ai raté la rencontre. Je me suis rendue vers l’accueil pour la fiche mais même avec cela je ne pouvais pas assister à la conférence « Vénération et destruction du corps sous l’Allemagne nazi ». On me disait seulement que la salle était pleine. Mais je pouvais encore être présente à temps pour voir le débat « Les relations France - Etats-Unis à l’ère Obama » où ma fiche était bien acceptée. Hélas, je n’ai pas pu comprendre tout ce qu’on disait. Il y avait cinq participants au débat, dont plusieurs difficiles à comprendre pour une étudiante Erasmus. Il y avait notamment un des spécialistes qui parlait très vite. Ce que j’ai compris : on parlait d’Obama positivement mais aussi de façon réaliste. Les thèmes de l’Afghanistan et de la grande pauvreté et l’inégalité étaient abordés et on se demandait si Obama réorientait véritbalement la politique des Etats-Unis. On a aussi contesté la légitimité de son prix Nobel de la paix. Quand il s’agissait de la relation avec la France, il s’agissait avant tout de poser la question : « Est-ce que l’Europe est l’avenir de l’Amérique ? ». La réponse « oui » était trop optimiste selon les intervenants. Je suis certaine que ce débat aurait été très intéressant en néerlandais et même humoristique mais hélas mon français n’est pas encore au niveau nécessaire.
Comme j’avais déjà raté tout sur l’Allemagne nazie le vendredi, j’étais déterminée à suivre l’atelier multimédia « Le corps dans la propagande des régimes totalitaires ». Je supposais qu’avec les régimes totalitaires on visait l’Allemagne nazie, l’URSS, la Chine maoïste etc. Mais on n’a parlé que de l’Allemagne nazie. Cette limitation n’était pas un problème parce que c’était très intéressant. En plus, le sujet se limitait aussi à l’art. On pouvait se mettre devant les ordinateurs et suivre une présentation Powerpoint. L’enseignant qui donnait les explications, trait de la question de l’art qualifié de ‘dégénéré’ et l’art allemand officiel. L’art allemand servait à justifier des théories raciales et expansionnistes. Les nazis trouvaient que l’art moderne (« dégénéré » comme ils l’appelaient), comme l’expressionisme, le cubisme, le futurisme et le dadaïsme, était anti-allemand et produit par des malades mentaux. Ces œuvres étaient souvent détruites mais les nazis organisaient aussi des grandes expositions pour montrer l’art dégénéré et ceux-ci attiraient beaucoup plus de visiteurs que les expositions sur l’art allemand nazi. Ce dernier donnait une image très positive du Führer: avec un regard pénétrant, combattant pour l’Allemagne, au milieu de son peuple mais aussi sur lui-même. La guerre était aussi un thème préféré. Les batailles héroïques étaient peintes pour que l’attitude des soldats invite tout une nation à les suivre. Les femmes dans l’art allemand sont toutes des mères avec beaucoup d’enfants. Comme ça le rôle social de la femme est défini : la procréation. Cette présentation était très claire, facile à suivre et bien illustré.
Les Rendez-Vous de l’Histoire était une très bonne initiative avec beaucoup de variation. Malgré le fait que l’organisation n’était pas toujours au point, j’ai bien aimé tout que j’étais capable à suivre. Peut-être l’année prochaine j’essayerai de me rendre encore une fois à Blois.
Anne H.
Corps souffrants, corps saints, corps glorieux
Cette conférence qui a visiblement suscité beaucoup d’intérêt (la salle est remplie en moins de dix minutes) est présentée par quatre intervenants, Isabelle Saint Martin maître de conférences à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Marie-France Baslez professeur d’histoire ancienne à l’Université de Paris XII, Mohammed Ali Amir Moezri islamologue et Denis Pelletier professeur à l’EPHE.
Chaque intervenant a choisi de présenter à tour de rôle les trois axes autours desquels s’articulait le sujet.
Les corps souffrants
Pour illustrer son propos Isabelle Saint Martin à l’aide d’un diaporama commence par nous montrer entre autres le retable de Saint Denis par Henri Bellechose, commandé par Jean sans Peur. Elle nous a appris que le Christ n’est pas représenté souffrant dans l’iconographie mais au contraire plutôt glorieux face à la mort, du moins jusqu’au XVe siècle, ici donc il l’est : la tête inclinée sur l’épaule, la plaie sanglante. De part et d’autre de la crucifixion on voit saint Denis qui reçoit la communion des mains du Christ et saint Denis juste avant sa décapitation, dans la tradition il est représenté céphalophore. D’après Isabelle Saint Martin la souffrance christique n’est représentée que tardivement, elle prend corps dans la devotio moderna, la dévotion à la souffrance du Christ par laquelle le fidèle prend conscience que ses péchés le rendent responsable de la souffrance du Christ.
En ce qui concerne l’époque contemporaine, nous dit Denis Pelletier, les représentations du Christ souffrant sont nombreuses. Pour nous donner une idée il fait allusion à l’œuvre de Lovis Corinth (1858-1925), Le Christ rouge le Christ y est représenté entre le porte lance et le porte éponge, sa chair apparaît mutilée, la notion de salut semble absente à la vue de cette œuvre.
Un autre exemple, à mon sens plus parlant, est celui de Jean Paul II à la fin de sa vie qui a suscité l’émotion des catholiques comme des non-catholiques car même si la souffrance de ce saint homme n’entraine pas d’adhésion au christianisme, nos sociétés sont fondamentalement doloristes.
Dans la tradition chrétienne ainsi que dans la tradition juive, nous explique ensuite Marie-France Baslez, une place très importante est donnée à la souffrance ; Au contraire elle est bannie dans d’autres civilisations antiques car elle représente le bannissement par Dieu. Ainsi dans les tragédies on évoque la souffrance mais on ne la représente pas. La représentation de la souffrance constitue une révolution anthropologique. A noter que la valeur expiatoire de la souffrance apparaît au IIe siècle, le chrétien qui souffre imite le Christ, le martyre s’identifie à lui, pour s’en convaincre il suffit de lire saint Paul lorsqu’il parle de Perpétue s’apprêtant à mourir dans l’amphithéâtre, la souffrance devient le point de contact entre l’humain et le divin.
Après avoir traité la notion de corps dans le monde chrétien, Mohammed Ali Amir Moezri nous invite à nous pencher sur le cas de l’islam, ainsi la notion de corps ne fait pas l’objet de spéculations théologiques. Dans les trois premiers siècles de l’islam il existe toutefois une mystique acétique de la crainte dans laquelle le corps souffre pour libérer l’esprit. Cette mystique est inspirée par le monachisme chrétien en Orient. Ce mouvement reste éphémère et prend fin vers les IXe – Xe siècle. Une chose importante à noter dans l’islam est que le corps, et surtout lorsqu’il est beau, est considéré comme le miroir du divin.
Les corps saints
Au tour de la notion de corps saint et de la question des reliques. Le corps saint c’est le corps du martyre, celui qui témoigne de sa foi par la souffrance. Isabelle Saint Martin nous présente un reliquaire, celui de Saint Luc, cet objet porte la trace du saint et de sa souffrance, pourtant certains n’ont pas souffert pensons à Saint François d’Assise, saint sans être martyr. Aussi les corps des martyrs sont montrés sous leur plus belle forme, comme l’est la sainte parmi les saintes, la Vierge Marie, prenons pour exemple la Vierge à l’Ostie d’Ingres.
Aux origines du christianisme, les choses étaient pourtant plus compliquées, en effet la personne représente plus aux yeux de la communauté de son vivant, mais le martyre dans sa souffrance devient un intercesseur avec Dieu. Toutefois M-F Baslez nous rappelle que le culte des reliques est tardif même si les textes apocryphes disent que les restes des saints portent la « charis » c'est-à-dire la grâce de Dieu, bien entendu les instruments de la passion du Christ sont les plus précieux. Dans tous les cas le culte des reliques prend de plus de plus d’importance au Moyen Age car elles sont responsables de miracles, de guérisons merveilleuses…
Dans l’islam l’ascétisme devient populaire surtout dans le deuil et le culte des reliques d’influence chrétienne après les croisades. Aux IXe – Xe siècle émerge une mystique : le soufisme dans laquelle il existe une notion de sainteté du corps en tant que manifestation de quelque chose de divin, de transcendantal. Dieu est beau, il aime la beauté, le corps véhicule alors ce qu’il y a de plus parfait : l’âme humaine, or l’âme humaine c’est Dieu. Mohammed Ali Amir Moezri parle de circulation entre la matière et l’esprit à travers le corps.
De nos jours les représentations du corps saint son peu nombreuses, la conception de sainteté, plutôt laïque, du corps n’est plus la même, aujourd’hui cette sainteté pourrait être celle du corps toujours en parfaite santé, cette responsabilité vis-à-vis de notre corps pourrait s’apparenter à une forme d’ascèse contemporaine, dans laquelle l’individu s’impose de rester jeune et beau.
Les corps glorieux
Dans l’art chrétien, le Christ glorieux n’est mis en scène que tardivement. Pour exemple nous pouvons prendre le retable d’Issenheim.
D’après Erwin Panofsky, la résurrection christique annonce la celle des corps, au contraire dans son Evangile, Saint Jean parle d’une résurrection universelle, alors que Saint Luc ne l’envisage que pour les justes.
A l’origine, la résurrection est liée à la souffrance. La résurrection est perçue comme une espérance tirée de la vision d’Ezéchiel (Ez. 37, 7). L’espoir naît de retrouver son corps dans son intégrité. Dans les Evangiles il même dit que le corps devient glorieux, c’est la transfiguration du corps évoquée dans l’Apocalypse de Jean, elle nourrit l’espérance des martyres notamment comme saint Etienne au moment de sa lapidation. Dans l’Antiquité le corps immortel, c’est celui qui est beau et jeune, ainsi pour les civilisations gréco-romaines, il est difficile d’admettre que le corps retrouve son intégrité après la mort alors qu’il a été abîmé d’une manière ou d’une autre.
Il est très intéressant de s’apercevoir que dans l’islam, il n’y a aucune notion de résurrection ou de corps glorieux, dépassant tout y compris la mort, tout au plus peut-on y rapprocher la notion de corps subtil : le corps est fait d’une enveloppe subtile qui se développe tout au long de la vie et qui peut traverser la mort.
Enfin de nos jours la gestion des corps morts passe par l’enterrement, pratique qui reste marquée par la religion, le recueil auprès d’une tombe pour le souvenir du mort, car la religion chrétienne est la première à affirmer que le mort n’est pas un cadavre, pour exemple Michel Foucault lorsqu’il parle de la Guerre de Troie constate que le terme « corps » c'est-à-dire « soma », n’est utilisé que pour désigner des cadavres. Ainsi peu importe que nous nous prétendions chrétiens ou non, l’enterrement reste, au-delà du mariage (autre pratique fondamentalement marquée par la religion), la pratique la plus répandue.
En conclusion j’ai trouvé très intéressant d’aborder ces thèmes à la fois sous l’angle des périodes mais aussi sous celui des religions, notamment en ce qui concerne l’islam, on se rend alors compte que certains concepts sont très différents voire inexistants.
Pauline R.